7eme édition du Festival ‘’A chez nous pays’’ / Eric Sékongo, promoteur : «Les roukaskas ou le coupé-décalé et leurs danseurs reprennent la danse du Boloye.»

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Son élégance et sa prestance naturelles crèvent l’écran. Eric Sekongo est sans doute l’un des animateurs vedettes de la télévision nationale ivoirienne. Il est, par ailleurs, le directeur général de la structure de communication S.COM. C’est cette structure qui justement organise le festival ‘’A Chez Nous Pays’’ dont les lampions viennent de s’éteindre sur la septième édition qui s’est déroulée, au complexe sportif d’Abobo, du 29 au 31 mars 2019 dernier.  C’est l’occasion pour votre journal préféré, dans cette interview, de recueillir les sentiments de M. Eric Sekongo, commissaire général aussi de l’évènement qui n’a pas manqué de dresser le bilan de cette édition  non sans revenir sur les motivations de ce festival.

L’édition 2019 de votre Festival a été marquée par six concerts Live dont ceux de la Tigresse Sidonie et d’Affou Kéita et une cinquantaine de prestations playback. Enfin, sept pays de la sous-région invités.  On peut dire que cette édition a été balèze…

Les six dernières éditions se sont articulées autour d’un concours de danses traditionnelles. Mais, le Commissariat Général a décidé d’apporter une nouvelle touche à cette édition 2019 en mettant fin au concours. Cette édition a été marquée par des spectacles de musique moderne et de musique tradimoderne.  Cette dernière a été fortement représentée par des stars comme Awa Boussim du Burkina Faso, la Tigresse Sidonie et  Affou Kéita. Celles-ci ont fait des prestations qui ont fait tache d’huile. Il y avait aussi des artistes Zouglou comme les Leaders, Magic Diézel, etc. oui ! ‘’A chez nous pays’’ 2019, c’était au total une cinquantaine d’artistes dont Vénon Dj, Bamba Ami Sara, Mike Alabi, Willy Dumbo et bien d’autres qui ont offert du spectacle au public.  Nous retenons que  6 artistes dont la Tigresse Sidonie ont fait du Live et d’autres artistes ont joué en playbacks.

Le Festival ‘’ A chez nous pays ‘’  2019  a pris fin. Quel bilan faites-vous de cette 7eme édition?

Le bilan est  satisfaisant. Il faut avouer que nous avions eu beaucoup d’appréhension en choisissant de faire cette cérémonie dans la commune d’Abobo. Nous craignions l’insécurité. Mais nous avons fait confiance à la nouvelle équipe municipale pour les questions sécuritaires. Durant les deux jours qu’ont duré le Festival, nous avons enregistré aucun incident.

Outre la sécurité assurée, quels sont les autres faits qui confortent le bilan ?

 C’est la participation du public et la cinquantaine d’artistes tradimodernes et modernes, sans oublier la présence de sept pays de la sous-région que sont le Benin, le Togo, la Guinée Conakry, la Sierra Léone, le Mali, le Burkina Faso et le Sénégal. Notre satisfaction part aussi de la participation de la jeunesse à cette édition 2019. Le public était  à 80 % de jeune. Nous savons que cette jeunesse aime la musique urbaine. Mais les jeunes qui étaient présents à cette 7eme édition ont démontré par leurs acclamations qu’ils adorent aussi la musique tradimoderne.

En termes de partenariat, nous avons bénéficié de la confiance d’une vingtaine de structures. Notons enfin la présence remarquable de l’ambassadeur  du Royaume d’Espagne.

C’est tout cela qui montre que le bilan est reluisant. Bientôt notre structure et le Festival ‘’A chez nous pays’’ seront les passages obligés pour toutes les troupes artistiques ou de danses traditionnelles qui voudraient se rendre en Espagne.

Qu’est-ce-qui motive la présence de l’ambassade du Royaume d’Espagne?

Notre partenariat avec cette ambassade date de quatre années maintenant. S.E.M. Luis Prados COVARRUBIAS, l’ambassadeur précédent était un homme de culture. Il a dirigé un centre culturel en Espagne. Il aime l’art, surtout nos us et coutumes. Il a trouvé notre projet pertinent car, selon lui, celui-ci est un bon cadre pour rapprocher d’une part les cultures africaines et d’autres parts les cultures africaines et Espagnoles. S.E.M Ricardo Lopez-Aranga Jagu, le nouvel ambassadeur aime aussi nos cultures africaines.

Quelles ont été jusqu’ici les retombées de ce partenariat ?

Depuis la 1ere participation du Royaume d’Espagne en 2016, le Commissariat Général de ‘’A chez nous pays’’ a participé à plusieurs Festivals en Espagne. Des contacts ont été noués avec les différents organisateurs. En trois années, nous avons été plus d’une dizaine de fois en Espagne.  Ce partenariat nous a donné l’occasion d’être présents aux Festivals de Barcelone, des iles Comores, de Londres etc. Actuellement, nous préparons un autre projet d’envergure avec ce partenaire. Ce projet, une fois bouclé, nous permettra de faire des tournées en Espagne avec des groupes de danses africaines.

Pensez-vous que, devant la montée de la musique urbaine, la musique tradimoderne a encore un avenir ?

La musique urbaine tire ses sonorités et ses danses de la danse traditionnelle. Les roukaskas ou le coupé-décalé et leurs danseurs reprennent la danse du Boloye. La musique urbaine ne peut pas évoluer sans les danses traditionnelles ou les musiques tradimodernes. Je suis optimiste quant à l’avenir de la musique tradimoderne. Elle est imitée de plus en plus par la musique moderne.

D’où est partie l’idée de la création du Festival ‘’A chez nous pays’’ et quelles ont été les motivations ?

Je suis un journaliste. J’ai fait des reportages. J’ai aussi suivi des émissions télés sur des Festivals qui se déroulent dans nos régions. Je me suis dit qu’il en fallait un à Abidjan. J’ai donc décidé de faire, une fois par an, cet événement qui regroupe toutes les danses traditionnelles des 31 régions de la Côte d’Ivoire et d’ailleurs. En ce qui concerne la motivation, disons que c’est notre volonté de ramener la jeunesse vers nos traditions.  Aujourd’hui cette jeunesse est tournée vers le modernisme. Cela engendre la disparition progressive de nos valeurs africaines. Nous avons donc initié le Festival ‘’A chez nous pays’’ pour faire découvrir à la jeunesse le riche patrimoine culturel et artistique des pays africains. Nous pensons que les jeunes ont besoin de connaitre les us et coutumes de leurs pays d’origine sans même se rendre dans ces pays.

Apres 7 éditions, pensez-vous avoir atteint vos objectifs ?

Oui. Il faut rappeler que notre objectif principal était d’intéresser la jeunesse ivoirienne et africaine à nos cultures. Cette année 2019, 80% de nos visiteurs étaient des jeunes. Nous nous réjouissons de leur présence que nous saluons au passage.

Je profite de votre micro pour saluer votre rédaction ‘’ grandouest.info’’ qui s’intéresse à notre Festival. Je  remercie  la RTI, notre partenaire privilégié, l’Ambassade d’Espagne et tous les autres partenaires qui nous ont accompagnés durant cette 7eme édition.

Interview réalisée par Paul Konan

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