Michel Baroan à la conférence de paix et de la réconciliation organisée par le Grand Conseil des Imams de France en collaboration avec l’association des Guides religieux et du Comité des sages Ivoiriens de France

M.Michel Baroan, ex-DG du Burida, pdt de l’Union Internationale des Réfugiés Ivoiriens de France a depuis un moment fait de la réconciliation des ivoiriens son cheval de bataille. Dans cette interview, il livre ses sentiments où transparaissent les valeurs du pardon, de la paix et de l’amour pour une Côte d’Ivoire retrouvée.

Il y a des années que vous vous êtes exilés à Paris. Songez-vous à rentrer au Pays ?

Cela fait exactement 8 ans que j’ai été contraint en exil à la suite de ma suspension abusive de mon poste de Directeur Général du BURIDA sans mesure d’accompagnement et sans salaire. Je rappelle qu’aucun licenciement formel ne m’a été signifié jusqu’à présent.  Certaines personnes avaient tenté malencontreusement de me jeter à la vindicte populaire par des accusations farfelues et irréalistes de détournement de plus 5 milliards de francs CFA. Ce qui est absurde et grossier.

Aujourd’hui avec le recul nécessaire j’ai compris que notre pays la Cote d’Ivoire a besoin de paix et de réconciliation entre tous ses fils.

Pour répondre à votre question, l’exil, même doré est toujours accompagné d’amertumes et de chagrins du simple fait de l’éloignement de sa patrie et des siens. On laisse derrière soi tous ceux qu’on aime et tout ce qu’on a pu construire de fil en aiguille pendant notre existence. C’est encore pire quand on ne sait même pas quand est ce qu’on retournera sur sa terre natale. Ce n’est pas du tout facile.

En ce qui me concerne, je suis en train de mettre tout en œuvre pour mettre fin à mon exil officiellement auprès des Autorités Françaises afin de mettre à disposition de mon pays les compétences et l’expérience que j’ai acquises pendant cet exil au service de son développement. Je serai certainement de retour sur ma terre natale dans pas longtemps.

Vous avez beaucoup cotoyé les artistes en tant que DG du Burida. Quels sont vos rapports avec les artistes exilés en France ?

Mes rapports sont excellents avec l’ensemble des artistes membre de mon association l’Union internationale des réfugiés ivoirien France (URIF). La preuve, vous me voyez très souvent en leur compagnie. Ils se portent tous très bien. Ils prient tous pour la paix et la stabilité dans notre pays  et sont favorables à un retour massif et sécurisé. Mais je voudrais donner le ton de ce retour, en faisant, en tant que président, le premier pas. Je serai bientôt au pays pour montrer l’exemple.

Que vous inspire la libération du Président Gbagbo et de M. Charles Blé Goudé ?

Je suis vraiment heureux de cette libération parce que je pense que leur retour en Cote d’Ivoire participera à la cohésion nationale. Cela boostera le processus de réconciliation des ivoiriens en cours, et permettra le retour de tous les fils et filles du pays qui sont encore en exil.

Vous avez récemment publié sur les réseaux sociaux des photos de votre rencontre avec l’ambassadeur de CI en France avec des commentaires allant dans la paix et de réconciliation. Est-ce à dire que vous êtes dans cette dynamique ?

La   stabilité dans nos états africains est très importante pour son développement harmonieux. Si bien que nous devons à quelque niveau de responsabilité que ce soit œuvrer tous en faveur de la paix.

Il est de bon jeu de préciser que Je n’appartiens à   aucun parti politique en Côte d’ivoire.  A ce titre, je jouerai pleinement ma partition pour aider à   désarmer les cœurs de nos compatriotes de la haine. Et ce, en dépit de la souffrance à eux infligée du fait des effets collatéraux de la crise postélectorale.

J’ai effectivement rencontré son Excellence Charles Gomis, ambassadeur de Côte d’Ivoire en France. Un grand homme de paix, efficace, courtois, dynamique et dévoué à la mission du vivre ensemble prônée par le chef de l’Etat ivoirien son Excellence Monsieur Alassane Ouattara. Nous avons échangé sur la possibilité et les modalités du retour de certains membres de notre association. Il m’a confié que le dossier était en cours. Nous lui faisons entièrement confiance.

On vous a vu aussi intervenir à la conférence de paix et de la réconciliation organisée par le Grand Conseil des Imams de France en collaboration avec l’association des Guides religieux et du Comité des sages Ivoiriens de France.

Ma quête inlassable de paix et de véritable réconciliation en Cote d’Ivoire m’a effectivement motivé à participer à cette conférence le samedi 23 Mars 2019 à la demande de son Excellence Charles Gomis ambassadeur de Côte d’Ivoire en France. Et ce, en ma qualité de Président de l’Union internationale des réfugiés ivoiriens en France (URIF). Qui plus que les refugiés peuvent parler de paix ? J’ai instruit l’auditoire sur la nécessité de la paix et de la réconciliation dans notre pays. J’ai humblement mis tous les guides religieux en mission en vue d’œuvrer à faire rentrer tous les exilés en Cote d’Ivoire et à intervenir auprès des autorités pour la mise en place d’une structure qui s’occupera de l’insertion et la réintégration de ceux qui ont perdu leurs emplois dans les structures de productions.

Entretien réalisé par Estelle Sian

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