San-Pedro/ Pénuries d’eau/ Le grand malaise des populations

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l'eau potable est une denrée rare à San-Pédro

« Les récurrentes coupures d’eau dans  les quartiers de San-Pedro ont atteint la limite du supportable. Elles peuvent désormais durer jusqu’à trois semaines et n’épargne aucune couche sociale. On assiste continuellement à de véritables ballets de familles entières portant toutes sortes de récipients sur la tête, ralliant le point d’eau le plus proche ». Ce sont les propos d’Alexis K., un habitant du quartier Séwéké à San-Pédro. Cette amertume est malheureusement partagée par de nombreux habitants. « Au quartier Lac, régulièrement, après six heures, aucune goutte d’eau ne sort des robinets ». Celui qui parle ainsi est un enseignant qui habite ledit quartier. Dans d’autres quartiers comme la Cité, Nitoro, Bardot, Sotref, Victor Ballet et Soleil, les coupures sont plus longues. Elles vont jusqu’à un mois et leur seul recours, ce sont les puits.

Le paradoxe de la pénurie d’eau dans la ville balnéaire de San Pedro au Sud-Ouest de la Côte d’Ivoire, exaspère de plus en plus les habitants de cette charmante ville cosmopolite.

Depuis près de dix ans et voire plus, San Pedro est confronté à des coupures récurrentes de la fourniture d’eau courante et cette situation ne semble pas être à mesure de trouver une solution durable.

On s’explique mal, en effet, cette contradiction entre la fourniture très souvent interrompue de l’eau potable et ce site géographique baigné par autant de cours d’eaux. Certainement l’œil du profane est différent de celui du spécialiste.

« Toute cette étendue d’eau que vous voyez ne peut être utilisée pour l’approvisionnement des populations », nous explique un spécialiste de l’hydraulique. « D’abord, poursuit-il, pour la difficulté particulière à traiter ces eaux qui demandent beaucoup de frais aussi en matériels qu’en personnel.  Ensuite pour le vieillissement des infrastructures d’adduction d’eau qui datent de la création de cette ville portuaire dans les années soixante-dix ».

Des explications qui n’ont pas encore le pouvoir de satisfaire les besoins quotidiens en eau des habitants. Vivement que les autorités compétentes réagissent pour rétablir le confort des habitants mais aussi et leur éviter des épidémies liées à l’eau infecte. C’est l’occasion de mettre à contribution les chimistes sortis de nos universités pour le traitement efficient de cette opportunité en masse d’eau où flotte San Pedro. 

Franck Dehe, correspondant.

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