Abidjan : Proliférations des boulangeries et pâtisseries / La saga du pain

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le pain, une denrée de plus en plus consommée

 Depuis quelques années, les artères de la capitale économique sont jalonnées de boulangeries, pâtisseries et autres viennoiseries. En effet, à Abidjan, les métiers du pain semblent de plus en plus attirer les investisseurs de divers horizons. La commune de Yopougon n’échappe pas à cette « invasion » du pain. Nous avons fait une incursion dans l’univers des acteurs de ce milieu pour mieux nous imprégner des réalités de ce phénomène.

À Yopougon, c’est environ 187 boulangeries en activité. D’après nos enquêtes, une boulangerie fait une recette d’au moins 150 000 f CFA par jour. Vu le dynamisme de cette activité, il est possible de ce nombre croisse davantage. Mais quelles sont les raisons du dynamisme de ce secteur ? Monsieur Koné est un propriétaire de boulangerie. Selon lui, la population de la commune de Yopougon est en croissance. Autrement dit la demande est forte. Cette population constitue donc un gros marché de consommation. C’est pourquoi l’offre du pain doit être conséquente. C’est ce qu’affirme aussi Monsieur Moctar, responsable à la boulangerie ‘’Pain chaud’’, située à l’antenne du quartier Maroc. Pour lui : « Les habitants de Yopougon consomment maintenant beaucoup le pain ». Monsieur Zibo, gérant d’une autre boulangerie connue sous le nom de ‘’Zaidane’’, nous révèle une autre motivation de la forte implantation de ces boulangeries. Pour lui, il est question de rapprocher le produit de sa clientèle. Il nous le dit en ces mots : « Nos installations s’expliquent par notre désir de rapprocher la boulangerie des consommateurs ». D’autres raisons ont été par ailleurs soulevées. C’est au quartier Ananeraie, Carrefour Oasis, que nous trouvons d’autres explications. Les comptoirs d’une nouvelle boulangerie sont pris d’assaut par les clients. Les vendeuses, sous les regards de Mahamoud, le superviseur, s’empressent de servir les pains. Mais le Libanais trouve quand même le temps de nous recevoir. Il affirme travailler dans le secteur du pain pour sa grande rentabilité. À quelques encablures de là, Monsieur Koné, propriétaire d’une autre boulangerie, ne dit pas le contraire : « Le métier du pain est juteux ». Pourtant, il termine ses propos en affirmant : « De jour en jour, les recettes baissent. Parce que nous sommes trop nombreux maintenant ». Ainsi, la guerre du pain aurait une conséquence qui est la chute des recettes. Pour vérifier ce déclin des ventes, nous nous rendons chez monsieur Kouassi. Il est le gérant d’une pâtisserie dans le quartier de Toits-rouges. Ce gérant nous parle de ses affaires en ces mots: << Avant, j’étais seul dans ma zone. Je vendais plus de 900 pains par jour. Maintenant, nous sommes nombreux. Alors mes ventes varient entre 600 et 700 pains par jour>>. Monsieur KOUASSI n’est pas le seul dans ce cas. A quelques pas de là, dans le quartier de Sideci Lem, Madame Digbeu, vendeuse au comptoir de la boulangerie pâtisserie  » Pain doré » se rappelle de leurs premières années dans cette zone. Elle nous confie qu’elle réussissait à écouler au moins 800 pains par jour. Face la chute des ventes, les professionnels du pain mettent l’accent sur la qualité du pain et des prestations pour pouvoir grignoter un peu plus sur l’assiette de la demande. Au quartier Niangon sud, monsieur Moustafa, de nationalité libanaise, nous dit ceci : << Nous offrons du bon pain bien croustillant et nous accueillons bien nos clients>>. Loin de là, dans le quartier de l’Andokoi, Monsieur Samuel semble avoir compris aussi qu’il doit se mettre à jour. Nous l’avons trouvé en pleine restauration de sa boulangerie. Il projette de se distinguer dans sa zone en offrant un cadre salubre à ses clients. Le dynamisme du secteur du pain est aujourd’hui avéré. Mais le trop grand attrait du secteur tend à étouffer malheureusement ce dynamisme. Par exemple, la distance des 500 mètres règlementaires entre deux boulangeries n’est plus respectée. Les autorités sont donc interpellées pour plus de rigueur dans un secteur où tout le monde gagne : l’Etat, la population et les investisseurs.

 Paul Konan

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