Entretien/ Alain Kéi Boguinard : « J’ai refusé de faire de la politique »

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Alain Kéi Boguinard est un homme d’affaires et un sportif très bien bâti. Il est originaire de l’Ouest montagneux ivoirien précisément de Guiglo. Fils de l’ancien Ministre d’Etat Emile Kéi Boguinard, Alain a fait fortune dans la restauration aux Etats-Unis. Puis les événements du 11 septembre 2011, au pays de l’oncle Sam, le contraignent à rentrer au pays. A Abidjan, c’est dans le secteur du sport et du fitness qu’il réinvestit avec beaucoup de réussite. Entretien à bâtons rompus avec l’homme

Vous êtes actuellement propriétaire d’Equinoxe, une structure de sport et de fitness bien fréquenté à Abidjan. Pourtant, auparavant, vous étiez dans la restauration au pays de l’oncle Sam. Comment expliquez-vous cette reconversion ?

Alain Boguinard, gérant de Équinoxe.

J’avais choisi la restauration parce que j’aimais accueillir et servir les gens. Or la restauration, c’est cela. Accueillir les clients et les servir avec beaucoup de joie. C’est un boulot qui consiste à se mettre au service des autres. C’est un boulot relax et non contraignant. J’avais aux Etats-Unis un restaurant, le seul dirigé par un Noir. C’était un restaurant doté d’un podium pour les concerts. Puis, après l’attaque du 11 septembre, tout a dégringolé. Le business ne marchait plus bien. Il fallait passer à une autre étape. Alors, je suis rentré en Côte d’Ivoire pour entreprendre d’autres business. Je décide alors d’investir dans les activités sportives. J’ai monté Equinoxe qui existe maintenant depuis 6 ans. Je dois dire que dès la fin de mes études, j’ai commencé à  travailler à mon propre compte. Au pays de l’oncle Sam, je faisais des affaires personnelles, dans le secteur de l’immobilier. J’avais déjà monté une entreprise en Europe…

Il faut vraiment aimer le sport pour décider d’y investir. Déjà, votre physique ne laisse pas planer de doute…

J’aime le sport. Déjà en France, je faisais la natation et je jouais aussi au tennis. Aux Etats-Unis, la musculation est un sport pratiqué par la majorité des  Américains. Ils le font pour garder la ligne. Certains font pour cela le fitness, d’autres, c’est la musculation. Pour moi, le sport guérit. Je souffrais énormément de migraines,  mais la pratique du sport m’a soulagé.

D’où tirez-vous cette volonté de toujours être à son propre compte ? De vos parents ?

Oui. Mais mon père voulait que je fasse la politique. J’ai dit non. Je ne voulais pas évoluer dans cet univers bizarre. Cette activité t’occupe tout le temps. Un politicien est toujours au service des autres mais il n’a pas de temps à lui, il n’est pas libre. Je crois qu’il y a plus de flexibilité dans les affaires personnelles. Mais j’ai appris de mon père sa sincérité et sa rigueur sans oublier son amour du prochain. Il faut ajouter à cette liste la culture de l’excellence

Parlez-nous un peu de votre mère !

Elle était femme de ministre, mais s’adonnait beaucoup aux affaires. C’est elle qui nous a permis d’avoir ce terrain à la riviera où Equinoxe est bâti aujourd’hui.

Quels sont vos rapports avec votre région d’origine et quel est votre appel à l’endroit du peuple Wê ?

Tout se passe bien. Je vais très souvent au village pour voir les plantations de mon père et mes propres affaires. Pour l’appel, je veux dire que notre région regorge des nombreuses richesses et ressources. Il faut se mettre ensemble pour travailler au développement de la région. Il faut bannir les problèmes de personne. Nous devons faire place à la solidarité. Main dans la main, nous avancerons mieux.

Ange Mahan

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