Burida/ Droits d’exécution publique Collecte ou racket ?

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Burida, l'institution chargée de collecter et de repartir les droits des artistes.

La mission première du Bureau Ivoirien des Droits d’Auteurs(BURIDA) est la collecte et la répartition des Droits d’auteurs. Mais ce n’est pas toujours une mission aisée quand elle touche une certaine catégorie de droits : les droits d’exécution publique.

Une nouvelle mafia ?

Arsène K. est propriétaire de maquis à Abobo-Doumé dans la commune d’Attécoubé. Pour ce qu’il a à dire, il tient à garder l’anonymat. En effet, il veut exprimer un ras-le-bol face à certains agents du Burida qui font des descentes régulières à son maquis et lui imposent, de façon arbitraire, des sommes à payer. Au quartier Koweït, à Yopougon, une dame martèle ne pas jouer de musique, mais continue de payer jusqu’aujourd’hui 7000f à des agents du Burida. Ces exemples sont légion dans les communes du District d’Abidjan et à partout à l’intérieur du pays. S’il y a parmi les agents d’exécution du Burida déployés sur le terrain des brebis galeuses coupables de corruption et autres vilenies, il faut dire que ce système de collecte tout à fait légal fait partie intégrante des activités du Bureau au titre des droits d’exécution publique. Mais là où le problème se pose, c’est la difficulté pour le Burida de collecter et de répartir ces Droits auprès des établissements de divertissement comme les maquis, restaurants, bars, boîtes de nuit, etc. En effet, comment savoir quel artiste a été joué et pendant combien de fois dans un maquis sur un certain temps, les agents du Bureau n’ayant pas le don d’ubiquité ? Voilà tout le problème. Alors sur des bases brumeuses (il faut le dire), des forfaits mensuels sont imposés à ces établissements. Ces forfaits collectés, la répartition est tout aussi problématique. « C’est l’argent de qui au juste ?», fulmine un artiste. Comment répartir ces droits si on est dans l’impossibilité de dire exactement à quel artiste revient tel part ? Mieux, qu’est-ce qu’on fait de cette manne financière qui, finalement, n’appartient à aucun sociétaire ? A quelles fins sont utilisés ces droits ? Cette dernière question a soulevé et continue de soulever bien des passions.

Que faire ?

La douloureuse question ! Que faire ? Il convient, en effet, de s’interroger sur ce problème. Les familles des artistes et autres auteurs se sont livrées à des épiques combats dignes des blockbusters hollywoodiens en partie pour la répartition de ces droits. Pour de nombreux artistes, la misère et la pauvreté dans laquelle ils baignent s’expliquent par le non-reversement de ces droits. Alors que faire ? Même si ce n’est pas la mission du Burida, beaucoup de personnes pensent que le bureau devrait investir cet argent dans la santé et l’accompagnement au plan social de ces sociétaires par la mise en place d’assurances et de mécanismes visant à les couvrir socialement. On évite ainsi les trop récurrents et ennuyeux SOS des artistes en détresse. L’objectif du Burida est de garantir la dignité de l’artiste. Mais un dysfonctionnement peut le maintenir dans l’indignité. Il faut apporter urgemment une solution à cette impasse pour le bien-être de nos « fabricants d’émotions et de rêve ».

Ange Koulai

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