Une importante conférence a réuni un nombreux public ce samedi 12 janvier 2019 dans la salle de culte de l’Eglise Baptiste Œuvres et Missions autour du thème : ‘’Les peuples Wês : origines, atouts et faiblesses’’. A cette occasion, dans un temple des cultes devenu l’instant d’une demi-journée un  »temple de la culture », le Docteur Yayé Dion Robert, premier responsable de cette église et président du Consistoire des Eglises Protestantes Évangéliques de Côte d’Ivoire, a instruit l’auditoire sur la marche des peuples Wês dans l’Histoire, présentant cette connaissance comme essentielle pour le présent, le futur et le progrès. Pour lui, les origines des Wês se perdent dans la nuit des temps, remontant jusqu’à l’ancêtre commun des Africains qu’est Cush, l’un des trois fils de Noé. Membres de la dynastie noire des Zaguël qui régna sur Ethiopie jusqu’au Vie siècle et vaincue par les Salomonites venus du Yémen, les ancêtres des Wês se dispersèrent dans une grande et longue migration qui les conduisit vers l’Ouest où ils se dispersèrent entre la côte du Sénégal et le fleuve Bandama. 21 de ces peuples s’établirent entre le Liberia (6) et la Côte d’Ivoire sous le nom générique de Magwè, (ou Krou, selon le colonisateur) : Bété, Niaboua, Gnédéboua,Kouzié, Dida, Godié, Bakwé, Kroumen, etc.). C’est le Bandama qui stoppa leur migration vers l’Est, où les lignes les plus avancées des Magwè croisèrent les Akans, du grand groupe Kwa, venus, eux, de l’Egypte par l’empire du Mali et l’actuel Ghana, et issus en partie de la dispersion des juifs après l’an 70). Les peuples Wês, frange des Magwè, repoussés par les peuples Danites (Dan, Toura…) venus plus tard, ont échangé avec eux le culte du masque, recevant en contrepartie l’art du tissage du boubou manois à sept bandes issu de la tradition hébraïque. C’est donc à juste titre que, expliquant au Capitaine Laurent en 1911 qui étaient leurs voisins, les Dans désignèrent les W^s comme étant les Gué mun, ou  » les gens des masques » (ce qui fut maladroitement transcrit  »Guéré ». Leurs alliances et cohabitation engendra le peuple métis des Wobè (terme lui aussi issu de la transcription maladroite du malinké Wê-Bèhé,  »la-bas, ce sont les Wê). Pour l’orateur, le culte du Gla est un culte dévoyé du Dieu vivant par le souvenir lointain que les Wês avaient du Dieu unique, le Dieu d’Israël, depuis la lointaine Ethiopie où, du reste, l’on pratique toujours le Christianisme à travers l’église copte. D’ailleurs, Jésus, qui était un enseignant, est connu des anciens Wês qui l’appelaient Blahi (de Boblahi, ou Guéla’a You Blahi, ce qui signifie, le fils de Dieu qui enseigne la bonne nouvelle). Le Révérend, rappelant la grandeur historique de tout peuple, a exhortés les Wês à se saisir de ce riche passé pour se construire se construire un avenir meilleur dans le creuset d’une Côte d’Ivoire fraternelle. De nombreux chantres ont égayé ce moment de partage de louanges à la gloire du Seigneur.

Philippe Demanois

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