ELECTIONS LOCALES APAISEES 2018

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 L’OUEST IVOIRIEN DONNE LE BON EXEMPLE

  Les récentes élections locales (régionales et municipales) en Côte d’Ivoire se sont déroulées avec des fortunes diverses dans le pays. Cette fois-ci, l’Ouest a donné le bon exemple avec un scrutin globalement apaisé. Et des résultats acceptés par tous. Cela est tout à l’honneur des enfants de cette région du pays. La politique et sa manifestation la plus visible, les élections, sont généralement sources de conflit en Afrique. Notre pays n’y échappe pas. La démocratie, encore prisonnière des carcans et des prismes des particularismes, a de la peine à démarrer véritablement et à s’imposer dans un espace qui en a pourtant grand’soif. Le repli identitaire sur ces ‘’nations primitives’’ que sont les ethnies, les religions…, semble constituer une force centrifuge qui retarde l’aspiration légitime de l’Afrique à tirer parti de la formidable machine politique qu’est la démocratie. Cela, à tel point que les observateurs extérieurs se convainquent de notre incapacité ‘’congénitale’’ à expérimenter cette forme de gouvernance politique qui porte la synergie des peuples, donc, le progrès et l’ordre. Jacques Chirac, méprisant mais réaliste, n’a-t-il pas dit que l’Afrique n’était pas encore mûre pour la démocratie ? Point n’est besoin de citer les exemples sur le continent de cette impasse de la démocratie. Le cas de notre propre pays devrait nous édifier sur la question. Bref. Si le ciel politique national est globalement gris, une éclaircie semble cependant avoir pointé à l’Ouest, à la faveur des dernières législatives et régionales. Qui se sont globalement très bien déroulées, sans les vilénies de naguère : en effet, que ce soit dans le Tonkpi, dans le Guemon ou dans le Cavally, l’on n’a point décrié ce qui caractérisait il y a quelques années, les élections dans la partie occidentale de notre Quadrilatère national. Dans ces trois régions, les différentes campagnes, sur le terrain, n’ont enregistré aucune forme de violence. Les états-majors des différents candidats ont su porter le message de la nécessité de préserver le plus important : la cohésion. Les électeurs, partisans, l’ont compris. Aussi bien la campagne que le déroulement du scrutin, étaient civilisés. Tout s’est bien déroulé. Sauf dans le Guémon, aucun heurt n’a été enregistré. Mais même dans cette région, les contestations, ordonnées, disciplinées, entérinées par la CEI, ont été gérées dans un esprit nouveau, loin de celui qui a fait perdre, en 2002, le Conseil général à une région qui attendait pourtant cet instrument pour amorcer son développement. La guerre est ensuite passée par là, ruinant les maigres acquis et endeuillant profondément (Ô paradoxe !) un peuple qui respire démocratie et hospitalité. Cette fois-ci, les candidats (Serey Doh, Meambly, Doh Simon, Oulla Privat) ont joué le jeu de la maturité démocratique, s’en tenant strictement au verdict de l’instance arbitrale des élections. Pour la reprise des Régionales, l’on a même assisté à un fait inédit : le retrait d’un candidat, et non des moindres, puisqu’il s’agit du Vice-président de l’Assemblée nationale, l’Honorable Oulla Privat, dont on aurait pu présumer des chances de succès, en considérant son rang politique. Au contraire, jugeant avec lucidité de la situation (« la politique est la saine appréciation des réalités du moment », dixit Félix Houphouët-Boigny), le parlementaire s’est retiré de la course sans coup férir ; et le ciel n’est tombé sur la tête de personne. Bel exemple d’humilité et d’amour de son peuple ! La suite, on la connaît : la reprise des régionales s’est déroulée dans un climat convivial, sans stigmatisation des différences politiques ou autres, et les résultats, qui ont vu la victoire du Capitaine des Douanes Serey Doh, ont été acceptés de tous puisque ses adversaires l’ont félicité dès après la proclamation. Et l’Ouest est en paix. Il est vrai que quelques ‘’escarmouches’’ ont été signalées à Divo, Lakota et Daloa à l’occasion de l’élection du maire de cette autre capitale régionale, mais les choses ont fini par rentrer dans l’ordre. Il faut s’en réjouir : pour les dernières élections, l’exemple est venu de l’Ouest. Qui sait que le progrès qu’il attend dépend de l’ordre, de la paix, de la concorde de ses fils et filles. Ces derniers doivent faire bloc pour résister à toute provocation de nature tribale ou sectaire. La nation attend beaucoup de chacune de ses entités que constituent les blocs culturels majeurs du pays. Ceux-ci doivent jouer de leur complémentarité pour bâtir une nation forte. Merci aux cadres, élus, populations et leaders d’opinion de l’Ouest, région chère à notre cœur et à toute la Côte d’Ivoire. Il appartient maintenant aux élus de transformer l’essai, en étant à la hauteur des attentes de nos parents qui, naguère martyrs de l’a démocratisation du pays, se positionnent aujourd’hui comme le flambeau de cette espérance qui ne doit jamais s’éteindre.

Philippe DEMANOIS

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